Santé

Arthur Delcamp

Vapotage chez les jeunes : Porte d’entrée vers le tabagisme ou simple mythe ?

Les cigarettes électroniques sont souvent pointées du doigt comme des incitatrices à la consommation de tabac, notamment par des groupes tels que l’Alliance Contre le Tabac (ACT). Cela a motivé plusieurs législateurs, dont la députée écologiste Francesca Pasquini, à voter pour l’interdiction des puffs en 2023, effective à partir du 25 février 2025. Reste à savoir si l’usage de la cigarette électronique pousse réellement les jeunes vers le tabagisme. Explorons les diverses recherches qui réfutent la présence d’un tel effet passerelle entre la vape et le tabac.

Qu’est-ce que l’effet passerelle ?

L’effet passerelle est une hypothèse épidémiologique suggérant que l’utilisation d’un produit, tel que la cigarette électronique, pourrait encourager la consommation d’un autre produit, en l’occurrence le tabac. Cependant, cet effet a été remis en question par de nombreuses études internationales, notamment aux :

  • États-Unis

  • France

  • Nouvelle-Zélande

  • Royaume-Uni

  • d’institutions académiques (San Diego, Victoria) et d’organismes reconnus tels que l’Inserm, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), l’INCa et l’IRESP.

Études en France

Recherche de l’Inserm

En 2017, l’Inserm a mené une enquête sur 44 000 jeunes de 17 et 18 ans pour mesurer le nombre de ceux ayant commencé à fumer après avoir utilisé une cigarette électronique. Seulement 18,7 % des 5 616 jeunes ayant déjà vapoté sont devenus fumeurs, comparativement à 46,3 % des 18 495 jeunes ayant commencé par fumer. L’Inserm a conclu à une réduction de 42 % du risque de devenir fumeur chez les jeunes ayant d’abord expérimenté la vape.

Étude de l’Université Paris-Saclay

En 2020, une analyse statistique publiée dans la revue Drug and Alcohol Dependence a également réfuté l’idée de l’effet passerelle. Cette recherche, menée par cinq scientifiques français de l’Université Paris-Saclay et de la faculté de médecine UVSQ, et un chercheur de l’Université de San Diego, a porté sur 39 115 jeunes. Elle a montré que seulement 16.8 % des jeunes ayant expérimenté la cigarette électronique sont devenus fumeurs réguliers, contre 34,1 % pour ceux ayant directement commencé par le tabac. Les résultats indiquent que la vape pourrait réduire de 38 % les risques de devenir fumeur régulier.

Enquête ESCAPAD

L’enquête ESCAPAD, réalisée annuellement par l’OFDT lors de la Journée défense et citoyenneté, cible les jeunes de 17 ans. L’édition 2023 a mis en lumière une baisse significative de la consommation de tabac entre 2017 et 2022, malgré un contexte sanitaire particulier. Sur 23 701 jeunes, 46,5 % avaient fumé en 2017 contre seulement 15,6 % en 2022. Parallèlement, l’expérimentation de la vape a légèrement augmenté, passant de 52,4 % à 56,9 %. Le vapotage quotidien a également crû, passant de 1,9 % à 6,9 %.

Synthèse

En cinq ans, l’usage du tabac chez les jeunes de 17 ans a fortement diminué, tandis que le nombre de vapoteurs exclusifs a augmenté. Cela indique que la vape est principalement utilisée comme une alternative au tabac plutôt qu’une passerelle. La tendance est claire : alors que le tabagisme chute, le vapotage ne mène pas systématiquement à fumer.

Conclusion

Après l’analyse de multiples études internationales, il apparaît clairement qu’il n’existe pas d’effet passerelle significatif entre la cigarette électronique et le tabac. Au contraire, les cigarettes électroniques semblent jouer un rôle crucial dans la réduction du tabagisme là où elles sont encouragées comme substitut au tabac. Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous à l’existence d’un effet passerelle, spécialement chez les jeunes ? Partagez votre avis en commentaire.

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