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Camille Bordelon

FIVAPE en France : un cri d’alarme sur le silence médiatique concernant la réduction des risques

Dans une étude concernant la manière dont Génération Sans Tabac aborde le vapotage, la FIVAPE juge que la cigarette électronique est principalement dépeinte de façon négative. Le syndicat professionnel critique une sélection biaisée des recherches scientifiques et appelle à une meilleure prise en compte des éléments relatifs à la réduction des risques.

La place de la réduction des risques dans le débat public est insuffisante

Alors que la Journée mondiale sans tabac approche, les messages concernant la lutte contre le tabac se multiplient. Cependant, la FIVAPE souligne qu’il devient de plus en plus difficile de communiquer sur la cigarette électronique en France. Dans un communiqué daté du 26 mai 2026, le syndicat rappelle les résultats d’un récent sondage réalisé par OpinionWay : 15 % des Français croient que vapoter est plus dangereux que fumer et 58 % estiment que vapoter n’est pas moins risqué. Comme le note la Filière française de la vape, en ajoutant les 14 % d’indécis, « 72 % des Français, soit trois personnes sur quatre, ne sont pas au fait des différences de risques entre le vapotage et le tabagisme. »

Ces résultats, qui révèlent une méconnaissance significative du public concernant les risques réduits associés au vapotage, ne sont cependant pas relayés par les médias en France. La FIVAPE précise que « malgré un mois d’efforts soutenus pour attirer l’attention des médias, aucune rédaction n’a souhaité en parler ! »

Une tribune écrite par Jean Moiroud, président de la FIVAPE, a par exemple été rejetée sans explication par Le Monde, tout comme par de nombreux autres médias. Même Libération, qui avait précédemment accepté des communications concernant la campagne Merci la Vape à la fin de l’année 2025, a choisi de ne pas publier cette annonce. « Ce rejet est dû aux pressions juridiques exercées par le CNCT sur le quotidien. », précise le syndicat.

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La manière dont Génération Sans Tabac traite le vapotage est remise en question

Concernant le Comité national contre le tabagisme (CNCT), la FIVAPE a réalisé une analyse détaillée des 2 367 articles publiés entre décembre 2019 et avril 2026 sur le site de Génération Sans Tabac (GST), administré par l’association française anti-tabac.

Cette étude, qui peut être consultée dans son intégralité sur le site du syndicat, révèle que GST aurait publié 528 articles axés sur le vapotage durant cette période. Parmi ces 528 articles, 424 (soit plus de 80 %) avaient un titre manifestement défavorable à la cigarette électronique. Les autres articles étaient considérés comme neutres. « Sur 528 articles publiés par GST en six ans et axés sur le vapotage, aucun ne présente la cigarette électronique sous un angle positif. », souligne la FIVAPE.

Cette analyse conclut également que Génération Sans Tabac opérerait un cherry picking, une méthode consistant à ne sélectionner que les études qui soutiennent une position donnée tout en négligeant celles qui offrent des perspectives alternatives ou contradictoires. Pour illustrer ce phénomène, la Filière française du vapotage cite plusieurs exemples. Les travaux du professeur Bertrand Dautzenberg seraient, par exemple, mentionnés uniquement lorsque « les conclusions soutiennent la ligne éditoriale choisie. » Sa méta-analyse de 2023, qui montre l’absence d’effet passerelle entre le vapotage et le tabagisme, ne figure pas sur le site de GST. « Sur 528 articles consacrés au vapotage en six ans, aucun ne présente cet outil comme efficace, valable ou recommandé, même lorsque les études citées dans le texte fournissent des résultats allant dans ce sens. », ajoute le syndicat.

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Les nombreuses recherches sur le vapotage menées par l’institut Cochrane seraient presque totalement ignorées. L’analyse montre que seulement 0,46 % de l’ensemble des articles publiés sur le vapotage citeraient des travaux de cet institut, pourtant reconnu mondialement pour son indépendance et la qualité de ses recherches. « Parmi les articles qui mentionnent effectivement Cochrane dans le contexte du vapotage, aucun ne reprend les conclusions favorables au sevrage par la vape et à la réduction des risques. », précise la FIVAPE.

De la même manière, lorsqu’une étude sur le vapotage est rétractée par ses auteurs ou par la revue scientifique qui l’a publiée, Génération Sans Tabac ne le mentionnerait que pour les études dont les résultats étaient en faveur de la cigarette électronique. Aucun commentaire n’est fait sur les nombreux retraits d’études concluant à la dangerosité du vapotage ou à l’effet passerelle.

Pour la FIVAPE, le constat est sans appel. Malgré les déclarations de GST affirmant poursuivre « une triple exigence : celle de l’indépendance, de la transparence et de la rigueur scientifique. », la réalité semble tout autre. La FIVAPE indique que cette analyse met en lumière un « écart documenté entre les revendications éditoriales affichées par Génération Sans Tabac, telles que l’indépendance, la transparence et la rigueur scientifique, et la pratique éditoriale observée dans 2 367 articles publiés en six ans et quatre mois. »

« Ce travail ne remet pas en question la légitimité des politiques de prévention du vapotage chez les non-fumeurs, notamment chez les jeunes, ni la position du CNCT en tant que telle. », souligne la FIVAPE, qui appelle simplement à une réflexion sur « l’équilibre des financements publics entre les approches prohibitionnistes et celles de réduction des risques. »

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