Les résultats d’une méta-analyse controversée menée par Stanton Glantz, un chercheur bien connu pour sa position critique envers la cigarette électronique.
Sommaire
Entre erreurs méthodologiques et questions d’éthique
Stanton Glantz, un universitaire bien connu pour ses positions anti-vape, a publié une nouvelle étude1. Ses travaux précédents, souvent remis en question par la communauté scientifique pour leur manque de rigueur, ont été suivis par une méta-analyse récente visant à évaluer les risques de maladies liés exclusivement au vapotage, à l’usage combiné de cigarettes électroniques et de tabac, et au tabagisme seul.
En analysant les données de 107 études, son groupe de recherche a conclu que « les dangers pour la santé liés à l’usage de la cigarette électronique ne diffèrent pas de ceux du tabagisme concernant les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et les troubles métaboliques. » Comme souvent avec les études de Glantz, la méthodologie appliquée soulève de sérieuses interrogations.
Une méta-analyse basée sur des études transversales
Parmi les 107 études incluses dans cette méta-analyse, 94 étaient de type transversal. Ce genre d’étude capture un état des choses à un moment donné sans permettre d’établir un lien de causalité ou la chronologie des événements. Dans cette méta-analyse, cela signifie que si une personne était malade et utilisait une e-cigarette au moment de l’étude, elle était automatiquement classée comme vapoteuse malade, sans considération du moment où elle a commencé à vapoter ou de l’apparition de la maladie.
Presque toutes les maladies ont été amalgamées, des affections mineures comme la grippe aux maladies plus graves telles que la bronchopneumopathie chronique obstructive, les AVC ou les dysfonctions érectiles, sans séparer les effets spécifiques de l’usage de la vape sur différentes maladies. Les maladies auto-déclarées et celles diagnostiquées par des professionnels de santé n’ont pas été distinguées non plus.
Problèmes dans la définition des groupes de participants
La classification des participants présente également des lacunes. Par exemple, plusieurs études n’ont pas vérifié si les participants classés comme exclusivement vapoteurs n’avaient pas fumé dans les mois précédant l’étude. D’autres ont considéré des individus comme exclusivement vapoteurs alors qu’ils venaient tout juste d’arrêter de fumer. Ces pratiques peuvent sérieusement biaiser les résultats.
De plus, la méta-analyse de Glantz ne fait pas de distinction entre les différents modèles de cigarettes électroniques ou les types d’e-liquides utilisés. Les données pourraient donc être issues de l’utilisation de matériel obsolète ou varié, et plusieurs études se sont contentées de généraliser le terme « vapotage » sans préciser la nature exacte des e-liquides utilisés, qu’ils contiennent de la nicotine, des sels de nicotine, du THC ou d’autres substances. La crise sanitaire EVALI de 2019 a démontré que la composition des e-liquides peut avoir des effets significatifs sur la santé.
Malgré ces faiblesses méthodologiques, Glantz et son équipe concluent que leurs résultats « requièrent une réévaluation soignée de l’idée que les cigarettes électroniques sont une alternative beaucoup moins dangereuse que les cigarettes traditionnelles ».
Des conclusions largement critiquées
D’autres chercheurs ont déjà critiqué cette méta-analyse. Brad Rodu, professeur à l’Université James Graham Brown Cancer Center aux États-Unis, a décrit2 les conclusions de Glantz comme « inexactes et peu fiables. »
Dans un commentaire publié dans le New England Journal of Medicine, où la méta-analyse a été diffusée, plusieurs chercheurs ont exprimé « des doutes sur la validité des conclusions », les qualifiant de « prématurées » et d’une « mauvaise interprétation des données épidémiologiques ».
Enfin, Jamie Hartmann-Boyce et certains de ses collègues de l’organisation Cochrane, reconnue pour la qualité de ses méta-analyses, ont pointé que Glantz n’avait pas respecté les critères d’utilisation des outils d’évaluation de la qualité des études incluses. Alors que Glantz prétend avoir toujours obtenu un niveau de confiance élevé ou modéré en utilisant la norme GRADE, Hartmann-Boyce rappelle que toutes les études observationnelles devraient recevoir une note de confiance basse selon cette norme, ce qui n’a pas été le cas.
1 Glantz, S. A., Nguyen, N., & Oliveira da Silva, A. L. (2024). Population-based disease odds for e-cigarettes and dual use versus cigarettes. NEJM Evidence. https://doi.org/10.1056/EVIDoa2300229
2 Rodu, B., Plurphanswat, N., & Rodu, J. (2025). Inaccurate and misleading meta-analysis of e-cigarettes and population-based diseases. Internal and Emergency Medicine. https://doi.org/10.1007/s11739-025-03956-w
Articles similaires
- Vapotage: Découvrez les Risques Cardiovasculaires Graves!
- Vapotage: Découvrez les effets surprenants chez les non-fumeurs!
- Cigarettes électroniques: augmentent-elles vraiment le risque de BPCO?
- Réduction spectaculaire des risques cardiovasculaires : -90% pour les fumeurs passés à la vape!
- Vapotage et AVC : une étude rétractée suscite de vives inquiétudes
« >
Vapotage et AVC : une étude rétractée suscite de vives inquiétudes

Camille est une passionnée de tendances technologiques et d’actualité. Elle adore décrypter les évolutions de la vape pour les rendre accessibles à tous. Son objectif ? Vous tenir informé des moindres changements qui impactent l’univers de la vape.