En tant qu’opérateur national de la lutte contre le tabagisme dans le secteur de la santé, le RESPADD a récemment mis à disposition un dépliant informatif sur le vapotage, destiné aux professionnels de la santé. S’appuyant sur le rapport de l’Anses, la méta-analyse de Cochrane ainsi que les données de l’OFDT, ce document promeut une approche pragmatique : la vape constitue un outil efficace pour le sevrage, dont les bénéfices surpassent les réserves institutionnelles encore présentes en France.
Le RESPADD : de l’hôpital sans tabac à un acteur national
Créé en 1996 par l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) et la MNH (Mutuelle Nationale Hospitalière), le RESPADD (Réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions) est une association fondée pour prévenir et gérer le tabagisme tant chez les soignants que chez les patients. À l’origine dénommé Réseau Hôpital Sans Tabac, l’association a élargi son champ d’action en 2009 pour inclure toutes les formes d’addictions, adoptant ainsi le nom qu’on lui connaît aujourd’hui.
Le RESPADD a été désigné comme l’opérateur national par l’État pour orchestrer la stratégie « Lieu de santé sans tabac », qui fait partie du Programme National de Lutte contre le Tabac 2023-2027, financé par le Fonds de lutte contre les addictions. Il ne s’agit donc pas d’un acteur extérieur influençant les politiques publiques, mais d’un acteur engagé dans leur application.
En mars 2026, l’association a publié un document intitulé : « L’essentiel sur la vape. Informations clés pour mieux comprendre le vapotage ». Ce dépliant de huit pages est destiné aux professionnels de santé et vise à aborder les fondamentaux du vapotage, y compris la composition des e-liquides, les comparaisons entre vape, cigarette et tabac chauffé, les données épidémiologiques en France, l’efficacité du sevrage tabagique, les considérations de sécurité sanitaire, ainsi que la réglementation en vigueur.
Un document exhaustif, basé sur des données scientifiques récentes
En s’appuyant sur les dernières données scientifiques disponibles, le RESPADD met en avant que la vape est efficace pour aider à arrêter de fumer, que son rapport bénéfice-risque est favorable dans le cadre du sevrage, et qu’elle « réduit très probablement les risques associés au tabagisme lorsque celui-ci est complètement arrêté. » L’association souligne également que les arômes présents dans les e-liquides améliorent l’expérience de vapotage « et peuvent donc faciliter l’arrêt du tabac ».
Ce document complet aborde aussi la question du diacétyle, un composé associé à des cas de bronchiolites oblitérantes aux États-Unis (maladie des poumons popcorn), et recommande de privilégier l’utilisation d’e-liquides conformes aux normes européennes et françaises, « et idéalement certifiés AFNOR ». Le RESPADD évoque également le concept d’effet passerelle, qui suggère que l’expérimentation du vapotage pourrait inciter au tabagisme, mais qui « n’est pas fondé scientifiquement. »
Le sujet du vapotage durant la grossesse est également abordé. La cigarette électronique y est présentée comme un recours de deuxième intention, avec des recommandations claires : « si une femme enceinte ne parvient pas à arrêter de fumer malgré l’utilisation de substituts nicotiniques, l’utilisation de la vape peut être considérée comme une alternative pour un sevrage tabagique complet. Les risques du vapotage sur la descendance sont moindres que ceux liés à la consommation de tabac. »
Un document éloigné des dérives d’autres organismes
Le dépliant du RESPADD est donc un exemple de pragmatisme. En se référant au rapport de l’Anses, à la revue systématique avec méta-analyse de Cochrane, ainsi qu’à des chiffres de l’OFDT, il dresse un bilan relativement objectif de la cigarette électronique. Bien que ce produit ne soit pas sans risques, son efficacité en tant qu’outil de sevrage est bien documentée. Il souligne également la position paradoxale de la France concernant le vapotage. Alors que le pays milite pour une restriction au niveau européen des arômes, le RESPADD, une association respectée par la communauté médicale, rappelle leur valeur ajoutée. Pendant que la Haute Autorité de Santé affirme qu’il n’y a « pas de preuve scientifique suffisante pour soutenir que les produits de vapotage puissent aider à l’arrêt du tabagisme », le RESPADD rappelle que « la vape augmente de 59 % les chances d’arrêter de fumer à 6 mois par rapport aux substituts nicotiniques. »
Une légère réserve peut néanmoins être notée : la citation du rapport de Public Health England, qui estime que la vape est « environ 95 % plus sûre que la cigarette », un chiffre dont la méthode d’évaluation est contestée par une partie de la communauté scientifique et que le RESPADD mentionne sans en préciser le contexte. Un détail dans un document qui, par ailleurs, est rigoureusement sourcé.
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Camille est une passionnée de tendances technologiques et d’actualité. Elle adore décrypter les évolutions de la vape pour les rendre accessibles à tous. Son objectif ? Vous tenir informé des moindres changements qui impactent l’univers de la vape.