Le 30 avril, Reynolds American a fait un don de 5 millions de dollars à un comité de financement politique soutenant Trump. Puis, le 8 mai, la FDA a assoupli ses règles concernant le vapotage. La Maison-Blanche assure qu’il ne s’agit là que d’une simple coïncidence.
Le système PMTA, un filtre strict
Depuis septembre 2020, tous les dispositifs de vapotage doivent obtenir l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) avant d’être légalement disponibles à la vente aux États-Unis. Ce processus, connu sous le nom de Premarket Tobacco Applications (PMTA), a conduit à ce qu’en juin 2026, seuls 45 produits de vapotage soient théoriquement commercialisables dans le pays.
L’instauration de la PMTA a radicalement transformé le paysage du vapotage américain. Au fil des années, plusieurs millions de produits de vapotage ont été rejetés par la FDA, les fabricants n’ayant pas réussi à prouver qu’ils étaient « appropriés pour la protection de la santé publique ».
Jusqu’au 6 mai 2026, seules les cigarettes électroniques produites par l’industrie du tabac avaient reçu l’autorisation de vente aux États-Unis. Cela s’explique en partie par les sommes colossales que les entreprises doivent investir pour réaliser les nombreuses études scientifiques exigées par la FDA pour évaluer leurs produits. Toutefois, la date du 6 mai a marqué un tournant : pour la première fois, un pod et des cartouches d’un fabricant indépendant ont été approuvés par l’organisme de régulation.
Deux jours plus tard, le 8 mai 2026, un nouvel événement a eu lieu : la FDA a annoncé qu’elle allait désormais permettre la vente de produits de vapotage dont les analyses étaient « en cours » et qui n’avaient pas encore été validés. La Food and Drug Administration aurait-elle enfin réalisé l’importance du vapotage dans le cadre du sevrage tabagique ? Rien n’est moins certain.
Selon deux employés de la FDA qui ont souhaité garder l’anonymat et qui se sont exprimés auprès de l’Associated Press, les responsables de l’agence n’auraient pas été consultés à ce sujet et ont appris l’existence de cette nouvelle directive la veille de son annonce. De plus, la période de consultation publique qui accompagne habituellement les modifications des lois sur le vapotage aurait été passée sous silence.
Donations, déjeuner et nouvelle directive : une semaine intense
Aux États-Unis, seule la Maison-Blanche a le pouvoir de contourner la Food and Drug Administration. Récemment, Reynolds American (British American Tobacco) et Altria ont effectué de nombreux dons à des partisans de l’administration Trump. Le plus récent, daté du 30 avril 2026, s’élevait à 5 millions de dollars et provenait de Reynolds.
Par « hasard », selon le New York Times, le samedi 2 mai 2026, soit deux jours après ce don, Donald Trump aurait déjeuné à son club de golf avec plusieurs lobbyistes et dirigeants de l’industrie du tabac, qui auraient exprimé leurs préoccupations concernant la politique de la FDA sur le vapotage. Trump aurait alors interrompu le repas pour tenter de contacter le Dr Marty Makary, commissaire de la FDA. Ne recevant pas de réponse, il aurait ensuite appelé son supérieur, le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., ainsi qu’un autre haut fonctionnaire de la santé, le Dr Mehmet Oz, en charge des Centers for Medicare and Medicaid Services, pour faire part de ses doléances concernant la politique anti-vape de la FDA.
Six jours plus tard, le 8 mai 2026, la FDA a considérablement assoupli ses règles sur le vapotage en permettant la vente de produits n’ayant pas encore obtenu d’approbation. Bien qu’il n’existe pas encore de liste officielle des nouveaux appareils de vapotage autorisés, il ne serait pas surprenant de constater qu’une grande partie d’entre eux proviennent de l’industrie du tabac.
Le 12 mai 2026, Marty Makary a démissionné de son poste de commissaire à la FDA, affirmant à ses collègues qu’il « ne pouvait pas, en toute conscience, diriger une agence qui soutenait une telle politique. »
Pour sa part, Kush Desai, porte-parole de la Maison-Blanche, a déclaré que « le seul principe directeur derrière l’élaboration de la politique de santé de l’administration Trump est la science. »
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Camille est une passionnée de tendances technologiques et d’actualité. Elle adore décrypter les évolutions de la vape pour les rendre accessibles à tous. Son objectif ? Vous tenir informé des moindres changements qui impactent l’univers de la vape.