Aux Pays-Bas, 87 % des utilisateurs de vapoteuses se tourneraient vers des produits illégaux. Face à cette situation préoccupante, le gouvernement a décidé de ne pas mettre en œuvre plusieurs mesures supplémentaires contre le tabac, y compris l’interdiction générationnelle.
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La nicotine, un secteur difficile à encadrer
Le 10 mars 2026, deux universités néerlandaises ont publié un rapport concernant la politique anti-tabac néerlandaise. Ce document, commandé par le Parlement, avait pour but d’explorer la possibilité d’adopter dans le pays des mesures anti-tabac déjà en vigueur ailleurs dans le monde. Les différentes stratégies examinées incluaient la taxation, l’interdiction générationnelle de vente de tabac et de produits de vapotage, la restriction de la vente de produits contenant de la nicotine aux pharmacies, l’instauration d’un système de consigne pour les dispositifs de vapotage, ainsi que la régulation des caractéristiques des produits. Peu après la publication de ce rapport, la commission parlementaire de la santé a sollicité une réponse du gouvernement. Le 9 juin 2026, Sophie Hermans, la ministre de la Santé, a présenté la réponse officielle du gouvernement néerlandais.
En ce qui concerne les mesures tarifaires, le gouvernement a exprimé son soutien à une augmentation des prix, tout en reconnaissant que les taxes néerlandaises sont déjà très élevées par rapport à celles des pays voisins, ce qui pourrait entraîner une hausse des achats transfrontaliers. Il privilégie donc une harmonisation des tarifs à l’échelle européenne plutôt que de nouvelles hausses de prix aux Pays-Bas.
L’idée d’une interdiction générationnelle a également été rejetée, car le gouvernement estime que cette mesure est difficilement applicable pour trois raisons : d’abord sur le plan juridique, car l’Union européenne complique l’interdiction d’un produit qui est légal ailleurs dans l’UE.
Ensuite, il considère que le taux de tabagisme chez les jeunes est déjà trop élevé dans le pays. Ce raisonnement pourrait être remis en question, étant donné que le gouvernement se limite à affirmer qu’il est « d’avis qu’il est nécessaire de se concentrer d’abord sur une harmonisation européenne plus approfondie de la réglementation, sur la lutte contre le commerce illégal et sur la réduction de la consommation de nicotine chez les jeunes avant qu’une interdiction générationnelle de vente puisse être mise en place de manière efficace et pratique aux Pays-Bas. »
Enfin, il est à noter que 87 % des vapoteurs néerlandais utiliseraient déjà des produits issus de sources illégales. Étant donné que ces produits ne peuvent pas être régulés, une interdiction générationnelle n’aurait donc qu’un impact limité.
Quant à la vente en pharmacie, cette option a été jugée peu judicieuse, car elle créerait une confusion entre les médicaments et les produits contenant de la nicotine, ce qui irait à l’encontre de l’objectif de dénormalisation que recherche le gouvernement. Celui-ci préfère donc restreindre la vente de ces produits à certains types de commerces.
Concernant la mise en place d’un système de consigne, cette proposition a été rejetée pour la même raison que l’interdiction générationnelle. Étant donné que la majorité des produits de vapotage utilisés aux Pays-Bas proviennent de sources illégales, cette mesure risquerait d’aggraver le marché noir en rendant les produits légaux plus coûteux.
La régulation des caractéristiques des dispositifs de vapotage est la seule mesure qui a reçu un accueil positif. Le gouvernement souligne que bien que la TPD interdise de réguler le taux de nicotine des produits, elle permet aux États membres d’agir sur leur apparence. Une nouvelle législation visant à instaurer un emballage standardisé pour les produits de vapotage est donc en préparation.
Il est difficile de ne pas établir un parallèle entre les politiques anti-tabac des Pays-Bas et de l’Australie. Le 3 juin 2026, l’Australian Bureau of Statistics a publié un rapport indiquant que 80 % des produits du tabac et de vapotage consommés en Australie provenaient du marché noir. L’Australie est l’un des pays où la législation sur les produits du tabac et de vapotage est la plus restrictive.
Aux Pays-Bas, où la régulation de ces mêmes produits est particulièrement sévère, 87 % des produits de vapotage seraient également issus de sources illégales.
Les données semblent indiquer une corrélation entre une réglementation trop stricte des produits contenant de la nicotine et une augmentation du marché noir.
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