Le 16 septembre 2026, le Parlement européen a adopté une résolution concernant la santé cardiovasculaire qui ne se limite plus uniquement au tabac traditionnel, mais s’intéresse à l’ensemble de la nicotine.
Sommaire
Toute la nicotine sous les projecteurs
Le 16 septembre 2026, le Parlement européen a validé une résolution relative à la stratégie de l’Union européenne en matière de maladies cardiovasculaires (2025/2132(INI)). Cette initiative fait suite au rapport émis par la commission de la santé publique et répond au « plan pour un cœur en bonne santé », qui a été présenté par la Commission européenne le 16 décembre 2025.

Dans le cadre de cette résolution dédiée à la santé cardiovasculaire, le sujet du tabagisme est naturellement abordé. Toutefois, il est important de noter que, contrairement à des textes antérieurs, cette résolution ne se concentre plus uniquement sur les cigarettes, mais sur toute la nicotine. Le Parlement justifie cette approche en affirmant que « la nicotine est une toxine addictive affectant le système cardiovasculaire et que son usage comporte des risques majeurs pour la santé », ajoutant que « le tabagisme, que ce soit par le biais de la consommation active, de l’exposition à la fumée secondaire ou de l’utilisation de nouveaux produits contenant de la nicotine, constitue un facteur de risque considérable pour les maladies cardiovasculaires ».
Les cigarettes électroniques sont spécifiquement mentionnées dans ce contexte. « Selon des recherches scientifiques, les cigarettes électroniques ne sont pas sans risques et peuvent engendrer des problèmes cardiovasculaires significatifs. Cela est dû à des mécanismes qui augmentent le risque de thrombose et d’athérosclérose, notamment à cause de l’exposition à la nicotine et de l’inhalation de substances toxiques », souligne le Parlement européen. Il ajoute que « l’OMS ne préconise pas l’utilisation des cigarettes électroniques comme méthode d’arrêt du tabac » et que « des études montrent que l’utilisation de la cigarette électronique est liée à une augmentation de la consommation de produits de tabac traditionnels, surtout chez les jeunes. »
Les recommandations réglementaires
Le Parlement européen appelle donc à des « mesures réglementaires robustes, basées sur des données probantes et appropriées », visant à restreindre l’accessibilité, le coût, l’utilisation et l’attractivité « des différents dispositifs de consommation de nicotine et des produits du tabac, y compris les nouveaux produits émergents contenant de la nicotine et du tabac. » Ces mesures peuvent comprendre :
- L’interdiction des arômes ;
- Des limites sur la teneur en nicotine ;
- L’application de droits d’accises adéquats et efficaces.
Il est également recommandé d’accélérer le déploiement du portefeuille d’identité numérique européen pour prévenir l’achat de produits soumis à des restrictions d’âge par des mineurs, en insistant sur « l’augmentation de l’adoption de nouveaux produits à base de nicotine par les non-fumeurs et les femmes », ainsi que sur la vulnérabilité des jeunes face à la consommation de ces nouveaux produits, « tels que les cigarettes électroniques, les sachets de nicotine ou les dispositifs de tabac chauffé, souvent présentés avec des arômes et des emballages attrayants. »
Le Parlement se réjouit par ailleurs de l’initiative de la Commission européenne relative à la révision de la TPD, et demande que tous les nouveaux produits du tabac ou contenant de la nicotine soient soumis à une analyse d’impact sur la santé avant leur commercialisation.
Cette résolution inclut un certain nombre de mesures sévères à l’encontre des cigarettes électroniques, alors même qu’elle précise que « les stratégies et politiques de sevrage tabagique doivent être étroitement alignées sur les données scientifiques et élaborées conformément aux recommandations indépendantes de la communauté scientifique. »
Pour mémoire, l’organisation Cochrane, reconnue mondialement pour la qualité de ses revues scientifiques, indique que l’e-cigarette représente actuellement le moyen le plus efficace pour arrêter de fumer.
De même, bien que la résolution du Parlement reconnaisse que « les niveaux de nicotine et les méthodes d’administration varient d’un produit à l’autre, ce qui peut entraîner des profils de risque différents », elle met en avant que « tous ces produits comportent des risques pour la santé » et demande que « tous les produits non médicinaux contenant de la nicotine, y compris les nouveaux et émergents à base de tabac, soient soumis à la directive sur les produits du tabac et soient régis par des règles adéquates concernant les limites d’âge, les arômes, la teneur en nicotine, l’emballage et la commercialisation ». En d’autres termes, elle appelle à regrouper sous un même cadre réglementaire des produits ayant des profils de risque jugés différents.
Bien que cette résolution n’ait pas de force contraignante, elle a le mérite de clarifier la position actuelle du Parlement européen sur les cigarettes électroniques et sur sa vision concernant le sevrage tabagique.
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