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Camille Bordelon

Vapotage : Deux ex-directeurs de l’OMS lancent un nouvel appel urgent

Deux anciens dirigeants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont récemment exprimé leurs préoccupations dans The Lancet, appelant leur ancien employeur à intégrer la notion de réduction des risques dans sa stratégie anti-tabac. Ils mettent en garde que, sans cette approche, les initiatives actuelles pourraient ne pas suffire à éradiquer l’épidémie de tabagisme.

Alerte pour le Royaume-Uni

En mai 2026, Robert Beaglehole, Ruth Bonita et Tikki Pang, trois anciens responsables de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), exhortaient leur ancien employeur à considérer la réduction des risques dans sa politique anti-tabac. Le 12 juin, deux d’entre eux ont de nouveau pris la parole sur ce sujet dans un commentaire publié dans la revue scientifique, The Lancet. Robert Beaglehole et Ruth Bonita ont salué l’initiative du Royaume-Uni d’interdire la vente de tabac aux personnes nées après 2009, tout en mettant en garde : de futures législations ne devraient pas entraver l’accès à des alternatives moins nuisibles au tabagisme.

« La mise en œuvre de la loi sur le tabac et les cigarettes électroniques de 2026 en Angleterre et au Pays de Galles est significative, car elle maintient l’accent sur le tabagisme et fait la distinction entre le tabac combustibles et les produits nicotiniques à moindre risque, » ont d’abord souligné les anciens dirigeants de l’OMS, ajoutant que « certains experts ont exprimé des préoccupations que de futures réglementations pourraient décourager l’utilisation d’alternatives nicotiniques non combustibles pour aider à l’arrêt du tabagisme. »

À ce propos, ils mettent en garde le Royaume-Uni en précisant que « l’objectif d’une génération sans tabac et celui de mettre un terme au tabagisme en une génération sont deux buts distincts. » Le premier étant une stratégie de prévention ciblant les futurs fumeurs, tandis que le second vise à accélérer la réduction de la consommation chez les fumeurs actuels.

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L’OMS (encore) appelée à adopter la réduction des risques

La suite de leur commentaire s’adresse directement à l’OMS. Beaglehole et Bonita rappellent que la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) repose sur trois axes : la réduction de la demande, la réduction de l’offre, et la réduction des risques. « Sa mise en œuvre a principalement été centrée sur les deux premiers axes, tandis que la réduction des risques est restée le moins développée, » notent-ils.

Ils soulignent également que l’efficacité de ces deux premiers axes varie en fonction de plusieurs facteurs, tels que leur mise en application, l’accessibilité financière, l’influence de l’industrie ou encore les revenus que certains pays tirent de la culture du tabac. Après avoir noté que 40 pays ne bénéficient toujours d’aucune de ces mesures, ils alertent sur le fait que même dans les pays où ces politiques sont appliquées de manière la plus stricte, comme au Brésil, à l’Île Maurice, aux Pays-Bas ou en Turquie, la prévalence du tabagisme chez les hommes continue de fluctuer de 15 à 40 %.

« Si l’objectif est d’éradiquer l’épidémie de tabagisme et non de repousser son issue, la politique mondiale de lutte anti-tabac doit prioriser le remplacement rapide des cigarettes par des alternatives nicotiniques moins nocives pour les adultes les plus vulnérables aux dangers du tabac, » affirment fermement les anciens dirigeants de l’OMS.

Pour étayer leurs propos, ils citent l’exemple de la Nouvelle-Zélande, où le rythme de diminution du tabagisme aurait quadruplé après la large disponibilité des produits de vapotage. « Cette observation suggère que des baisses plus rapides sont envisageables quand les fumeurs adultes disposent de solutions réalistes pour abandonner le tabac. »

Ils appellent donc l’OMS à « fournir le leadership technique nécessaire pour intégrer la réduction des risques dans l’application de la Convention-cadre. » Ils notent que, jusqu’à présent, les recommandations de l’OMS ont souvent été trop timides, en raison notamment des préoccupations concernant l’utilisation des cigarettes électroniques par les jeunes, la sécurité à long terme de ces produits, ou encore l’implication de l’industrie du tabac dans ce secteur. Bien qu’ils considèrent ces inquiétudes comme légitimes, ils soulignent qu’elles ont été « exagérées dans certains cercles par rapport aux dommages continus causés par le tabagisme. »

« Mettre fin au tabagisme en une génération nécessite l’adhésion aux trois stratégies de la Convention-cadre : réduction de la demande, réduction de l’offre et réduction des risques. La prévention du tabagisme chez les jeunes est cruciale, mais elle ne doit pas détourner l’attention de l’urgence de réduire les risques pour ceux déjà exposés au tabac combustible. », concluent-ils.

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