En quelques années, la Nouvelle-Zélande a enregistré une augmentation significative de la baisse du tabagisme. Selon deux anciens responsables de l’OMS, le développement du vapotage serait à l’origine de ce phénomène.
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Une forte corrélation, mais pas de lien de cause à effet
La démarche de la Nouvelle-Zélande face à la lutte contre le tabagisme est remarquable. Après des décennies où peu de progrès ont été réalisés, le pays a décidé de s’attaquer au problème en 1990 en adoptant la loi sur les environnements sans fumée. Cela a été suivi par la création d’une ligne nationale d’assistance pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer, ainsi que le remboursement des substituts à la nicotine. En 2004, la Nouvelle-Zélande a signé la Convention-Cadre de l’OMS pour la Lutte Antitabac, et a progressivement mis en œuvre divers dispositifs visant à réduire le tabagisme, tels que l’établissement d’espaces publics sans tabac, l’ajout d’avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes, la mise en place de paquets neutres, et à partir de 2010, des augmentations significatives des taxes sur le tabac.
En 2011, les autorités néo-zélandaises ont fixé comme objectif d’atteindre un taux de fumeurs quotidiens inférieur à 5 % d’ici 2025, connu sous le nom de Smokefree 2025. Cependant, en 2016, cet objectif semblait encore loin d’être atteint, avec environ 15 % de la population se déclarant fumeurs quotidiens, et même 36 % parmi les Māori.
Tout a changé entre 2018 et 2019, lorsque une décision judiciaire a précisé que l’interdiction de l’usage du tabac oral en Nouvelle-Zélande ne concernait pas les produits de vapotage. Suite à cela, le ministère de la Santé a officiellement reconnu la cigarette électronique comme une alternative moins nocive comparée au tabagisme. Avant cette période, le déclin annuel du nombre de fumeurs était d’environ 3,5 %, mais il a ensuite bondi à 17,9 % par an. Pour la population Māori, la diminution des fumeurs est passée de 2,2 % à 13,3 %.
Simultanément à cette baisse du tabagisme, la Nouvelle-Zélande a observé une augmentation du nombre de vapoteurs. Alors qu’ils représentaient moins de 1 % en 2015, ce chiffre est monté à environ 12 % entre 2024 et 2025. Comme l’indiquent Robert Beaglehole et Ruth Bonita, anciens directeurs de l’OMS, « bien que ces tendances ne montrent pas de lien de causalité, il existe une forte concordance temporelle entre l’augmentation du vapotage et l’accélération de la baisse du tabagisme. »
Pour ces deux anciens responsables de l’Organisation mondiale de la santé, la situation en Nouvelle-Zélande prouve que bien que les politiques traditionnelles de lutte contre le tabagisme, telles que l’augmentation des taxes ou l’instauration de paquets neutres, soient efficaces pour réduire le tabagisme, elles ne suffisent pas à elles seules. « La réduction des risques, par le biais d’un accès régulé à des produits nicotiniques sans combustion, clairement moins nocifs, peut compléter les stratégies visant à diminuer l’offre et la demande, tout en accélérant la réduction de l’exposition au tabac combustible, particulièrement chez les populations les plus touchées par les conséquences du tabagisme. », concluent-ils.
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