Depuis 2020, la FDA n’a approuvé que 39 produits de vapotage aux États-Unis, tous liés au tabac ou au menthol et fabriqués par des entreprises de tabac. Face à des millions de demandes rejetées, l’agence a récemment annoncé une nouvelle directive qui pourrait changer la donne en permettant l’introduction d’autres saveurs, telles que le café, le thé ou les épices. Ce revirement est accueilli avec une certaine méfiance, surtout compte tenu que le marché illégal pourrait représenter jusqu’à 70 % des ventes.
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Une réglementation théorique face à un marché hors de contrôle
Depuis le 9 septembre 2020, la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité sanitaire américaine, est responsable de la régulation du marché du vapotage aux États-Unis. En théorie, depuis cette date, aucun produit de vapotage, qu’il s’agisse d’e-liquides ou de matériel, ne peut être commercialisé sans son approbation. Cependant, dans la pratique, la situation est assez similaire à celle de nombreux autres pays : une multitude de marques de cigarettes électroniques et de milliers de types d’e-liquides circulent librement. Ce phénomène s’explique par l’incapacité de la FDA à faire respecter la loi, en raison de l’immensité du territoire américain, d’un manque de ressources (s’aggravant avec le départ de centaines d’employés en 2025-2026) et d’un marché du vapotage déjà bien établi.
À la date du 10 mars 2026, seulement 39 produits de vapotage ont été légalement autorisés par la FDA :
- Cinq produits de la marque Juul (un pod et quatre cartouches de recharge) ;
- Dix-sept produits de R.J. Reynolds (sept pods et neuf cartouches de recharge) ;
- Dix produits de NJOY, qui appartient à Altria (un pod, quatre cartouches de recharge et quatre puffs jetables) ;
- Huit produits de Logic, sous la propriété de Japan Tobacco International (quatre pods et quatre cartouches de recharge).
Il est à noter que tous ces produits sont fabriqués par des entreprises de tabac (Altria ayant été actionnaire de Juul par le passé), et aucun d’eux n’offre une saveur différente de celles du tabac ou du menthol. La FDA a rejeté par millions les demandes d’autres fabricants proposant des saveurs variées.
La FDA justifie ces refus en indiquant qu’un produit de vapotage doit être « approprié pour la protection de la santé publique ». Cela signifie que les avantages potentiels du produit (comme aider les adultes à arrêter de fumer ou réduire leur consommation de tabac) doivent surpasser les risques potentiels (comme l’initiation à l’usage du tabac chez les jeunes).
Une nouvelle approche graduée en fonction des saveurs
Hier, la FDA a publié un document destiné à orienter les fabricants souhaitant obtenir une autorisation pour commercialiser des e-liquides aromatisés. Le ton est donné dès le début : « Étant donné le risque substantiel d’initiation et d’utilisation par les jeunes associé aux produits du vapotage aromatisés par rapport à ceux au tabac, un demandeur […] doit prouver que son produit offre un avantage supplémentaire par rapport aux e-liquides au tabac ». En d’autres termes, un fabricant désireux de lancer un e-liquide aromatisé doit démontrer que son produit présente des bénéfices pour la santé publique supérieurs à ceux d’un e-liquide au goût tabac.
Les points principaux de ce document se trouvent ailleurs. D’une part, la FDA « reconnaît que les produits du vapotage aromatisés peuvent apporter des avantages pour la santé publique aux fumeurs adultes en offrant des alternatives aux cigarettes traditionnelles et en augmentant potentiellement les chances d’une transition complète ». D’autre part, elle admet que « les fumeurs adultes qui tentent d’arrêter les cigarettes ont déclaré que le goût est un facteur clé dans leur décision d’essayer les produits de vapotage et de maintenir leur transition complète ».
C’est la première fois que la FDA reconnaît l’importance des saveurs dans les e-liquides pour attirer les fumeurs adultes vers le vapotage. Auparavant, son discours se concentrait principalement sur les jeunes et le prétendu effet passerelle.
Un autre changement notable est qu’elle semble désormais classer les saveurs selon leur attrait pour les jeunes.
Elle précise ainsi que les saveurs fruitées ou sucrées, jugées particulièrement attirantes pour les jeunes, devront démontrer des bénéfices substantiels par rapport aux e-liquides classiques pour être approuvées, tandis qu’elle pourrait faire preuve de plus de souplesse envers d’autres saveurs : « Certaines saveurs, comme le café, le thé ou les épices, pourraient être moins attrayantes pour les jeunes, ce qui les rendrait moins susceptibles de les attirer et pourraient être jugées appropriées pour la santé publique si les bénéfices supplémentaires qu’elles offrent par rapport aux produits à saveur de tabac sont relativement faibles. » Autrement dit, des e-liquides jugés moins attrayants pour les jeunes pourraient avoir plus de chances d’être approuvés.
Un retournement de situation accueilli avec scepticisme
Les acteurs du vapotage aux États-Unis devraient-ils se réjouir de cette annonce de la FDA ? Pour Mitch Zeller, ancien directeur du tabac à la FDA entre 2013 et 2022, la réponse est non. Dans une interview accordée au New York Times, il a déclaré : « Si j’étais dans l’industrie du vapotage et que je pensais que cela marquerait un nouveau départ pour l’examen des produits aromatisés, je serais déçu par ces nouvelles directives. »
Certains analystes, y compris des groupes de santé publique comme Action on Smoking & Health, jugent cette initiative comme une simple opération de communication. Avec des millions de vapoteurs aux États-Unis, il est évident qu’une partie de la population soutient le parti au pouvoir, qui est généralement opposé aux restrictions limitant les choix des consommateurs. Cela coïncide aussi avec l’approche des élections de mi-mandat qui approchent.
D’autres observateurs rappellent que les grandes entreprises de tabac ont contribué au financement des campagnes électorales de Trump, soulevant des préoccupations quant à des conflits d’intérêts. Ce changement dans la politique de la FDA pourrait ainsi être perçu comme un « cadeau » à ces contributeurs.
Que la nouvelle directive soit scientifique ou politique, elle soulève une question centrale : même si la FDA commence à accepter certains produits de vapotage aromatisés, comment compte-t-elle réguler un marché largement dominé par des produits illégaux ?
Selon l’entreprise d’études de marché américaine Circana, environ 11 000 produits de vapotage non approuvés circulaient aux États-Unis en 2024. 35 % des ventes observées concernaient des produits illégaux, représentant 2,4 milliards de dollars. Ce chiffre n’inclut pas les ventes réalisées dans les boutiques de vapotage ou sur Internet. Les cigarettiers Altria et British American Tobacco estiment que 60 à 70 % du marché total serait illégal, bien que ces chiffres soient difficiles à confirmer.
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