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Camille Bordelon

Cours de journalisme : Découvrez la recette secrète à la menthe !

The Guardian, un quotidien indépendant britannique, a publié le 3 janvier un article sur les risques liés à la vape. Bien qu’il affirme que la e-cigarette présente des avantages, cela peut sembler paradoxal. En réalité, c’est une question d’honnêteté, un aspect qui semble parfois faire défaut ailleurs, notamment en France.

Honni soit qui mal y pense

Le Royaume-Uni et la France, au fil des siècles, ont entretenu une relation complexe, marquée par un mélange d’affection et de conflits. Pourtant, ces deux nations sont tout aussi remarquables l’une que l’autre, à condition de ne pas juger la cuisine britannique. Heureusement, l’île se distingue par la qualité de sa presse, qu’elle a largement contribué à façonner, ce qui est un atout indéniable.

La structuration des articles autour d’une actualité, la distinction entre les articles informatifs et les éditoriaux, ainsi que les interviews, sont des concepts qui ont émergé au XIXe siècle grâce à une dynamique créative entre la presse britannique et américaine. Le « quatrième pouvoir » ? C’est une notion théorisée par Edmund Burke, un Britannique. Les enquêtes menées par des journalistes en parallèle de celles des forces de l’ordre, puis des autorités en général ? Un procédé qui a vu le jour en 1888, en pleine affaire du tueur connu sous le nom de Jack l’Éventreur.

Bien entendu, d’autres pays ont également joué un rôle dans cette évolution. Cependant, quand on a un des journalistes les plus emblématiques de l’histoire française, Albert Londres, que peut-on faire d’autre ?

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En somme, lorsqu’une journaliste britannique rédige un article sur le vapotage, on peut s’attendre à une certaine qualité.

Vapoter est merveilleux, mais

L’article soulève un problème lié à l’utilisation de la vape : de nombreux fumeurs qui ont fait la transition vers la vapeur peinent à s’en défaire. Pour certains, cela devient si problématique qu’ils envisagent de reprendre la cigarette. Pourquoi ? Parce que la combustion est perçue comme moins « socialement acceptable », et il est difficile de fumer dans certains lieux, comme au bureau, ce qui peut les inciter à réduire leur consommation de tabac.

Les experts en addiction mettent également en avant un phénomène inquiétant : les dangers associés à la vape ont souvent été exagérés, tant et si bien que 63 % des jeunes estiment que le vapotage est au moins aussi nocif, voire plus, que le tabagisme.

Pourtant, le Royaume-Uni se présente, à sa manière, comme un véritable paradis pour les vapoteurs : on y compte 5,3 millions de vapoteurs contre 4,9 millions de fumeurs. C’est le seul pays au monde dans cette situation. Ce phénomène de « fumer pour arrêter de vaper », couplé à une nouvelle taxe imminente, pourrait compromettre tous les efforts déployés par le gouvernement en matière de santé publique, entraînant des conséquences sanitaires désastreuses.

L’article est remarquablement équilibré : il expose avec justesse un véritable problème, à savoir la difficulté d’arrêter de vapoter, tout en abordant la préoccupation du retour au tabac et en se basant sur des faits scientifiques qui soulignent les dangers du tabac tout en reconnaissant l’efficacité de la vape comme outil de sevrage, sans pour autant prétendre qu’elle est entièrement sans danger.

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Quiconque a lu cet article ne sera pas inutilement alarmé, ni choqué, ni conforté dans des préjugés : il en ressortira informé. Et c’est une bonne chose.

De plus, cette approche est bénéfique : prenons, encore une fois, la France, souvent considérée comme la meilleure ennemie de la Grande-Bretagne. C’est un pays où, trop souvent, les articles sur la vape sont truffés d’inexactitudes, parfois influencés par des idéologies. En conséquence, il y a actuellement au moins deux fois plus de fumeurs que de vapoteurs, et des problèmes concrets sont souvent éclipsés par de longues diatribes sur « la maladie du pop corn », minimisée en une seule phrase dans l’article britannique, qui conclut tout simplement que « ça n’existe pas ». Ce propos est corroboré par des experts reconnus, possédant de véritables qualifications.

Les Français ont besoin de journalistes de cette trempe. Les Belges également. Tout comme les Allemands. En fait, tout le monde en aurait besoin. Il est temps de mettre fin aux articles sensationnalistes, ainsi qu’à la propagande de bas étage, même lorsque celle-ci est relayée par des publications satiriques qui devraient être au-dessus de tout soupçon.

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