L’Observatoire, la vigilance sur l’information, et une chaîne TikTok : le ministère de la Santé renforce ses efforts pour combattre la désinformation en matière de santé. Cependant, il semble peu probable que les idées fausses entourant la cigarette électronique soient prises en compte, surtout après que Stéphanie Rist a signé, au début d’octobre, une lettre qualifiant d’« infondées » les affirmations sur la réduction des risques.
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Une approche ciblée dans la lutte contre la désinformation ?
Le 21 octobre 2026, le ministère français de la Santé a diffusé un communiqué de presse annonçant le lancement de « nouveaux outils pour détecter plus efficacement les fausses informations [en santé], y répondre et soutenir les Français ». Cette initiative fait suite à une enquête réalisée en mars 2026 par les instituts Verian et Toluna Harris Interactive, qui a interrogé 2 061 individus âgés de 15 ans et plus. Les résultats montrent que 91 % des Français affirment avoir été exposés à des informations erronées ou trompeuses concernant la santé, que 38 % d’entre eux font face à ce type d’informations au moins une fois par mois, que 42 % estiment qu’il est difficile de trouver des informations fiables, et que 34 % ne savent pas comment vérifier l’exactitude d’une information. « Ces annonces s’intègrent dans la Stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, présentée le 12 janvier dernier par Stéphanie Rist, ministre de la Santé […] », précise le communiqué.

Pour faire face à cette désinformation, le ministère a élaboré trois axes :
- L’Observatoire de la désinformation en santé, qui se chargera de la veille, de l’analyse et de l’alerte ;
- Un système de vigilance de l’information, considéré comme l’un des moyens d’action de l’Observatoire, qui effectuera une surveillance pour repérer les fausses informations, avant de les analyser et de répondre avec des « contenus de décryptage fiables et accessibles » ;
- Des outils de sensibilisation, notamment la chaîne « Le Check-Up » sur TikTok, ainsi qu’un quiz interactif qui sera mis en ligne sur Santé.fr.
Ces nouveaux outils aborderont-ils la multitude de fausses informations qui circulent sur la cigarette électronique, les dangers associés à son utilisation ou son efficacité pour aider à arrêter de fumer ? Rien n’est moins sûr. Le communiqué précise que le déploiement de ces outils coïncide avec le mois d’Octobre Rose, une campagne nationale pour le dépistage du cancer du sein. De plus, les exemples de fausses informations mentionnés par le ministère portent sur « les vaccins, les traitements ou encore les mammographies de dépistage ». En outre, le conseil scientifique de l’Observatoire sera lié au Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui, dans un avis publié en janvier 2022, conseillait aux professionnels de santé de ne pas recommander, sauf exception, la cigarette électronique comme aide au sevrage tabagique.
D’après le dernier sondage réalisé par OpinionWay pour la FIVAPE, 58 % des Français estiment que vapoter équivaut à fumer en termes de nocivité. Pourtant, depuis plusieurs années, les études scientifiques s’accordent à dire, comme le rapporte l’Anses en 2026, que vapoter présente moins de risques que fumer. De même, 80 % des personnes interrogées croient que la nicotine est cancérigène, alors que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) ne la classe pas parmi les substances cancérigènes.
Au début d’octobre 2026, dans une lettre adressée au commissaire européen à la Santé, huit pays ont dénoncé les « allégations infondées de réduction des risques » liées à l’introduction de nouveaux produits nicotiniques. Stéphanie Rist, qui a fait remarquer lors du lancement de ces outils que « la désinformation en santé a des conséquences », était l’une des signataires de cette lettre.
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