Actualités

Camille Bordelon

Vapotage : L’arôme et l’appareil influencent les gènes plus que la dose, révèle une étude !

Les résultats d’une étude récente soulignent que, contrairement au tabagisme, les modifications génétiques observées chez les utilisateurs de e-cigarettes ne dépendent pas uniquement de la quantité consommée, mais aussi du type d’arôme et de dispositif utilisé.

Quantité ou produit : deux approches différentes

Le 1er juin 2026, une recherche1 publiée dans la revue médicale Frontiers in Oncology a examiné les altérations de l’expression des gènes causées par le vapotage et le tabagisme. Pour mener à bien cette étude, les chercheurs américains ont analysé le transcriptome de cellules buccales provenant de 35 vapoteurs, 24 fumeurs et 24 non-utilisateurs. Le transcriptome désigne l’ensemble des molécules d’ARN produites par les cellules à un instant donné. Étant donné que toutes les cellules possèdent le même ADN (le génome), elles se distinguent par les gènes qu’elles expriment. Ainsi, le transcriptome constitue une « image » des gènes activés et de leur niveau d’expression.

Une première observation faite par l’équipe de recherche révèle que les vapoteurs présentaient 3 124 gènes dérégulés par rapport aux non-utilisateurs, contre 2 180 pour les fumeurs. Bien que ce chiffre soit plus élevé, il n’indique pas la gravité des modifications, qui n’a d’ailleurs pas été mesurée dans cette étude.

Parmi les gènes affectés chez les vapoteurs, 60,1 % seraient spécifiques au vapotage, n’étant pas retrouvés chez les fumeurs. Pour ces derniers, ce chiffre s’élève à 42,8 %. Enfin, 39,9 % des gènes dérégulés seraient communs aux deux groupes.

Lire aussi  France : Espaces sans tabac, incertitudes juridiques avant leur application!

Ce qui est particulièrement intéressant dans cette recherche, ce n’est pas tant l’identification des modifications spécifiques des gènes, mais plutôt le fait que chez les fumeurs, 54,1 % des gènes dérégulés sont liés à toutes les mesures de dose. Pour ce groupe, les chercheurs ont évalué la dérégulation des gènes selon deux critères : le nombre de paquets de cigarettes fumés par jour multiplié par le nombre d’années de tabagisme, et le taux de cotinine dans le plasma (qui est un marqueur biologique de la nicotine dans le sang).

En ce qui concerne les vapoteurs, les scientifiques ont examiné quatre critères : le volume total d’e-liquide consommé au cours de leur vie, la quantité totale de nicotine ingérée, le nombre d’années de vapotage et à nouveau le taux de cotinine plasmatique. Pour ce groupe, seulement 27,6 % des dérèglements étaient communs.

Les chercheurs ont donc conclu que, contrairement au tabagisme, le vapotage ne peut pas être uniquement défini par la quantité consommée. Le type de dispositif utilisé ainsi que la formulation des e-liquides ont également une influence sur les dérèglements des gènes.

En ce qui concerne les arômes, l’impact le plus significatif a été observé chez les utilisateurs d’arômes fruités (31 % des gènes dérégulés) et chez ceux qui combinent plusieurs arômes, tandis que seulement 2,9 % des gènes dérégulés étaient associés aux arômes sucrés et 0,9 % à la menthe et au menthol. De même, les dispositifs de vapotage plus avancés (troisième génération et modèles variés) étaient également liés aux changements les plus marqués. Cependant, ces comparaisons entre différents arômes reposent sur des sous-groupes très limités : seulement 3 vapoteurs utilisaient de la menthe et 5 des arômes sucrés dans l’échantillon étudié.

Lire aussi  Royaume-Uni : Le gouvernement admet les bienfaits des sachets de nicotine pour arrêter de fumer

Malgré ses nombreuses limites (un nombre de participants très réduit, un design transversal, des groupes non comparables puisque le nombre médian d’années de tabagisme était de 23 ans contre seulement 3 ans pour les vapoteurs, un recrutement par volontariat, etc.), cette étude souligne à quel point l’analyse du vapotage est complexe. Avec des milliers de e-liquides aux compositions variées, des comportements de vapotage hétérogènes et des dispositifs produisant des aérosols variés, comprendre précisément les effets du vapotage sur la santé est une tâche difficile.

Sources et références

1 George J, Tommasi S, Pabustan N, Kessler DM, Thomas ZL, Baezconde-Garbanati L, Siegmund KD et Besaratinia A (2026) Multidimensional exposure architecture shapes vaping-associated transcriptomic dysregulation in oral epithelium. Front. Oncol. 16:1838256. doi: 10.3389/fonc.2026.1838256

Les dernières actualités scientifiques sur le vapotage

Articles similaires

Notez cet article
Partagez cet article :

Laisser un commentaire