L’Anses a été contactée pour justifier son communiqué de presse et éclaircir les raisons pour lesquelles son contenu semble diverger de celui du rapport complet.
Un rapport qui soutient le vapotage, mais une communication discutable
Le mercredi 4 février 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rendu public son rapport concernant les risques liés au vapotage. Ce document, élaboré après trois années de recherche au cours desquelles l’agence a examiné plus de 2 500 études scientifiques, compte 700 pages et était particulièrement attendu par la communauté des vapoteurs. Les résultats du rapport sont rassurants :
- L’usage de la cigarette électronique comporte des risques et est recommandé uniquement pour les fumeurs cherchant à arrêter de fumer ;
- Au cours des 15 dernières années, aucun cancer n’a été attribué au vapotage ;
- En ce qui concerne six aldéhydes analysés par l’Anses, qui sont des substances chimiques irritantes, dont trois sont reconnues comme cancérigènes probables ou avérés, leur concentration est réduite de 80 à 100 % lors du vapotage par rapport à la consommation de tabac ;
- Aucune maladie chronique ne peut, à l’heure actuelle, être directement liée au vapotage.
Bien que ces éléments soient présents dans le rapport complet de l’Anses, le communiqué de presse diffusé aux médias adoptait un ton très différent. Par exemple, il indiquait que l’utilisation d’une cigarette électronique pourrait être liée à « la survenue potentielle d’effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse, avec ou sans nicotine », ou encore que « l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances représente un risque pour la santé du vapoteur. »
Contrairement aux conclusions du rapport complet, le communiqué de presse ne mettait pas en balance les risques du vapotage et ceux du tabagisme. Cette absence de nuance a rapidement conduit un certain nombre de médias à critiquer cet outil de sevrage. Ainsi, on pouvait lire dans la presse française des titres tels que « Des risques “cardiovasculaires”, “respiratoires” et “cancérigènes”: la cigarette électronique dans le viseur de l’Anses » (BFMTV), « “Des risques de cancers” : c’est officiel, vapoter une cigarette électronique, même sans nicotine, est dangereux pour la santé » (PresseCitron), « Cigarette électronique : une étude alerte sur des risques pour la santé » (FranceInfo), ou encore « Maladies respiratoires, “terrain cancéreux” : la cigarette électronique présente un “risque pour la santé” » (LaNouvelleRépublique).
Un ton jugé « plutôt équilibré » par les médias
Nous avons pris contact avec l’Anses afin d’obtenir des précisions sur le décalage apparent entre le contenu du communiqué de presse et celui du rapport détaillé. « Il y a une condensation. Nous passons d’un rapport de 700 pages à un communiqué d’une page, donc des choix doivent être faits », a-t-on d’abord expliqué. Il a ensuite été précisé que ce document « s’adresse principalement au grand public, en particulier aux jeunes et aux primo-vapoteurs qui ne sont pas des fumeurs, » et que « l’angle choisi pour le communiqué était de toucher cette tranche de la population et de mettre en avant les risques pour elle. »
Lorsque nous avons fait remarquer que le ton de ce communiqué pourrait également inquiéter les fumeurs, une des attachées de presse de l’Anses a répondu que, d’après les retours qu’elle avait reçus, « ce n’est pas ce qui a été ressenti. » Elle a même affirmé que le ton adopté par les médias était « plutôt équilibré » et que l’idée selon laquelle la vapoteuse « est une solution pour les fumeurs, à condition qu’elle soit accompagnée et temporaire », était « bien passée ». Elle a également précisé que « l’analyse bénéfice-risque entre vapotage et tabac n’est pas le sujet de ce travail ni de sa médiatisation. »
Cependant, cette justification de l’Anses soulève des interrogations. Comment peut-on affirmer que « l’analyse bénéfice-risque entre vapotage et tabac n’est pas le sujet de ce travail ni de sa médiatisation », alors qu’une partie importante du rapport s’est précisément consacrée à comparer ces deux produits ?
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Camille est une passionnée de tendances technologiques et d’actualité. Elle adore décrypter les évolutions de la vape pour les rendre accessibles à tous. Son objectif ? Vous tenir informé des moindres changements qui impactent l’univers de la vape.