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Camille Bordelon

Royaume-Uni : 10 ans de vapotage pour les fumeurs, quel bilan ?

La pratique du tabagisme quotidien continue de diminuer au Royaume-Uni, passant de 9,7 % en 2020 à 6,6 % en 2026. Pendant ce temps, le vapotage quotidien a presque doublé, passant de 4,5 % à 7,8 % sur la même période. Ce changement est également visible dans les profils des utilisateurs qui alternent entre tabac et vape, où les vapoteurs quotidiens dépassent désormais les fumeurs quotidiens.

À retenir

  • Le vapotage quotidien au Royaume-Uni a presque doublé depuis 2020, atteignant 7,8 % en 2026, tandis que le tabagisme quotidien a chuté de 9,7 % à 6,6 % ;
  • Actuellement, environ 5,5 millions d’adultes britanniques vapotent : 60 % sont d’anciens fumeurs, 32 % fument encore, et 8 % n’ont jamais fumé ;
  • Le profil des double-utilisateurs a évolué depuis 2016, avec plus de vapoteurs quotidiens que de fumeurs quotidiens ;
  • 58 % des Britanniques ayant cessé de fumer ces cinq dernières années affirment avoir utilisé une cigarette électronique pour y parvenir ;
  • Malgré ces évolutions, plus de la moitié des fumeurs britanniques croient encore, à tort, que vapoter est aussi dangereux, voire plus, que fumer.

  • Vapotage et tabagisme : les chiffres clés pour 2026
  • Double-utilisateurs : la transition vers la vape quotidienne
  • Le vapotage, principal outil pour arrêter de fumer

    • Une pratique durable
    • Le vapotage quasi absent chez les non-fumeurs

  • Qui vapote, et pourquoi

    • Répartition par tranche d’âge
    • Vapotage quotidien comparé au tabagisme quotidien
    • Les motifs de vapoter
    • Les raisons pour lesquelles certains fumeurs refusent la vape

  • Une vision du risque toujours erronée

Vapotage et tabagisme au Royaume-Uni : les chiffres clés pour 2026

À la fin juillet 2026, Action on Smoking and Health (ASH), une organisation britannique dédiée à la santé publique créée en 1971 sur recommandation du Royal College of Physicians, a publié une étude sur les tendances de consommation des produits de tabac et de nicotine au Royaume-Uni. Pour cette analyse, l’organisation a exploité les données d’une enquête nationale YouGov, réalisée chaque année en ligne auprès d’environ 12 000 individus.

Entre 2012 et 2026, la prévalence du vapotage est passée de 1,7 à 10,3 %. Le nombre de vapoteurs en Grande-Bretagne est aujourd’hui estimé à environ 5,5 millions. Parmi ces utilisateurs, 60 % sont d’anciens fumeurs, 32 % sont des fumeurs actuels et 8 % n’ont jamais fumé. ASH souligne que « le vapotage est bien plus répandu chez les fumeurs actuels et les anciens fumeurs. »

Bien que ces données ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet, l’année 2016 semble marquer un tournant, puisque le nombre de double-utilisateurs a commencé à diminuer par rapport à celui des vapoteurs ayant déjà fumé. Ce changement pourrait indiquer une transition complète du tabac vers le vapotage chez les fumeurs à cette époque.

Vapotage et tabagisme au Royaume-Uni : les chiffres clés pour 2026 — À la fin juillet 2026, Action on Smoking and Health (ASH), une organisation britannique dédiée à la santé publique créée en 1971 sur recommandation du Royal College of Physicians,

Double-utilisateurs : la transition vers la vape quotidienne

Les graphiques concernant les double-utilisateurs pourraient corroborer cette hypothèse. En 2015, 44 % des double-utilisateurs fumaient quotidiennement tout en vapotant occasionnellement, tandis que 16 % vapotaient quotidiennement et fumaient de temps à autre. En 2026, cette tendance semble s’être inversée, car seulement 18 % des double-utilisateurs fument quotidiennement, alors que 32 % vapotent désormais chaque jour.

Représentation visuelle du passage des fumeurs aux vapoteurs quotidiens chez les utilisateurs doubles
La transition des double-utilisateurs vers le vapotage quotidien s’est nettement accélérée depuis 2015.

Parmi les ex-fumeurs britanniques ayant cessé de fumer entre 2021 et 2026, 58 % ont déclaré avoir utilisé une cigarette électronique pour arrêter. Parmi ces utilisateurs, 67 % continuent de vapoter, tandis que 32 % ont également arrêté cette pratique. « Nos résultats sont en accord avec l’étude Smoking Toolkit, qui montre que les cigarettes électroniques sont l’outil le plus populaire pour arrêter de fumer et qu’il existe un lien clair entre les variations des taux d’arrêt du tabagisme et la prévalence du vapotage, » indique ASH.

Étude Cochrane : confirmation que la vape est plus efficace que les autres substituts nicotiniques

Une pratique durable

Chez les ex-fumeurs qui continuent de vapoter, l’utilisation de la cigarette électronique persiste souvent plusieurs années après l’arrêt du tabagisme : 59 % d’entre eux vapotent depuis plus de trois ans, contre seulement 18 % en 2017. En ce qui concerne ceux qui ont finalement arrêté également la cigarette électronique, la durée de vapotage avant d’arrêter s’est considérablement allongée : en 2026, 45 % ont cessé de vapoter en moins d’un an (contre 83 % en 2017), tandis que 19 % ont vapoté plus de trois ans avant d’arrêter cette pratique.

Le vapotage quasi absent chez les non-fumeurs

En ce qui concerne les non-fumeurs, le vapotage demeure marginal, avec seulement 1,5 % d’utilisateurs en 2026, dont 0,7 % utilisent une cigarette électronique quotidiennement.

Qui vapote, et pourquoi

Répartition par tranche d’âge

Comme souvent, l’âge des répondants semble jouer un rôle significatif dans l’intérêt pour la cigarette électronique. Alors que seulement 6 % des Britanniques âgés de 55 ans et plus vapotent, le taux de vapotage est le plus élevé chez les 25-34 ans, atteignant 15 %.

Répartition par tranche d’âge — Comme souvent, l'âge des répondants semble jouer un rôle significatif dans l'intérêt pour la cigarette électronique. Alors que seulement 6 % des Britanniques âgés de 55 ans et plus vapotent, le taux de vapotage est le

Vapotage quotidien comparé au tabagisme quotidien

Concernant la fréquence d’utilisation de la cigarette électronique, ASH indique que le vapotage quotidien a connu une augmentation ces dernières années, passant de 4,5 % en 2020 à 7,8 % en 2026. En parallèle, l’utilisation occasionnelle de la cigarette électronique est restée stable.

Le taux de prévalence du tabagisme a, quant à lui, diminué entre ces deux années, passant de 10 % à 7 %, tandis que le nombre de vapoteurs a augmenté de 5 % à 8 %. « Il semble probable que le vapotage quotidien remplace au moins une partie de la consommation de tabac, » souligne l’organisation.

Les motifs de vapoter

En ce qui concerne les ex-fumeurs qui vapotent, les principales raisons évoquées incluent l'aide pour arrêter de fumer (24 %), la gestion du stress ou de la santé mentale (17 %), le plaisir de l’expérience (16 %) et l’aide pour rester éloigné du tabac (15 %).

Ancien fumeur utilisant une cigarette électronique pour arrêter le tabac
58 % des ex-fumeurs britanniques ont utilisé la vape pour cesser de fumer.

Pour les double-utilisateurs, les motivations principales sont la réduction du nombre de cigarettes fumées (17 %), le plaisir (15 %), l’économie d’argent (13 %) et l’aide pour arrêter de fumer (11 %).

Chez les personnes n’ayant jamais fumé, 30 % mentionnent une raison non spécifiée, suivis par la gestion du stress (29 %), le plaisir (26 %) et enfin la recommandation d’un ami (11 %).

Pourquoi certains fumeurs refusent la vape

Les fumeurs qui n’envisagent pas de passer au vapotage avancent des raisons variées. La principale est le refus de remplacer une dépendance par une autre (25 %), suivi par des inquiétudes concernant les effets sur la santé (20 %), le manque de volonté d’arrêter de fumer (11 %), et la croyance que le vapotage ne les aidera pas à se sevrer du tabac.

Une vision du risque toujours erronée

ASH a également étudié l’arrêt du vapotage. L’organisation note que, bien que 63 % des participants aient arrêté sans méthode particulière, « de manière préoccupante, 19 % des personnes ayant tenté d’arrêter de vapoter en utilisant une méthode ont choisi la cigarette comme aide, » ce qui est d’ailleurs la seconde méthode la plus utilisée après les substituts nicotiniques (patchs, etc.).

ASH souligne que cette incohérence pourrait résulter d’une perception incorrecte des risques associés au vapotage que le grand public continue d’avoir. Malgré les initiatives nationales encourageant les fumeurs à adopter le vapotage, 52 % des fumeurs britanniques croient en 2026 que la cigarette électronique est aussi nocive, voire plus, que le tabagisme. Ce chiffre ne cesse d’augmenter alors même que de nombreuses études scientifiques démontrent le contraire.

« Si les gens entretiennent des idées fausses sur les risques relatifs du vapotage par rapport au tabagisme, cela peut influencer leurs choix en matière de santé. Une personne qui vapote et pense que fumer est moins dangereux que vapoter pourrait se tourner vers le tabagisme pour réduire les risques, » conclut l’organisation.

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