En France, un nombre croissant de jeunes femmes, parfois même à peine majeures, se tournent vers les injections d’acide hyaluronique pour modeler leur apparence. Parallèlement, l’utilisation de la cigarette électronique connaît une forte augmentation dans cette tranche d’âge. Ce phénomène soulève des interrogations : quel effet la nicotine, qu’elle soit inhalée par le biais d’une puff ou d’une cigarette électronique classique, peut-elle avoir sur la cicatrisation et le résultat de ces traitements ?
Sommaire
Vapoter ou fumer avant une injection d’acide hyaluronique : est-ce dangereux ?
Pourquoi l’acide hyaluronique est-il indispensable en médecine esthétique ?
Présent naturellement dans notre corps, l’acide hyaluronique joue un rôle crucial dans la structure et l’hydratation de nos tissus. On le retrouve notamment dans les yeux, les articulations et la peau. Pour cette dernière, il est d’une importance capitale. D’après l’assurance maladie Ameli, cette substance « joue un rôle dans son élasticité, son hydratation et sa fermeté« .
Cependant, la production de cette molécule diminue avec l’âge. Pour compenser cette perte, de nombreuses personnes optent pour les injections. Celles-ci sont souvent utilisées pour atténuer les rides, mais elles servent également à rectifier certains imperfections au niveau du visage, comme la forme du nez, des lèvres, ou encore à ajouter du volume aux cernes ou aux pommettes.
La montée des injections d’acide hyaluronique et de la vape chez les jeunes générations
Cette tendance a connu une forte croissance depuis l’émergence des réseaux sociaux et de certaines émissions depuis 2015, particulièrement chez les milléniaux et la génération Z, avec un marché français évalué à 506,86 millions de dollars, et une croissance projetée de 10,66 % jusqu’en 2029 selon Research & Markets.
Cependant, les injections sont des procédures transcutanées qui peuvent engendrer des micro-hématomes, c’est pourquoi il est conseillé de ne pas fumer, y compris d’éviter la cigarette électronique avant et après l’intervention.
Injections & vape : Quels sont les chiffres ?
D’après l’ISAPS (The International Society of Aesthetic Plastic Surgery), 217 140 injections d’acide hyaluronique ont été réalisées en France en 2024. Cela représente plus de la moitié des procédures esthétiques et 43,7 % de toutes les interventions esthétiques non chirurgicales. Ce qui place la France à la 5e position des pays ayant le plus grand nombre d’injections d’acide hyaluronique dans le monde, devançant des nations comme le Brésil, le Mexique et la Turquie.
Les injections d’acide hyaluronique sont en deuxième position après celles de la toxine botulique (botox) parmi les femmes, mais également chez les hommes. Néanmoins, de plus en plus de jeunes filles se laissent séduire par ces injections alors qu’elles sont à peine majeures.
En effet, les données de 2022 montrent qu’à 17 ans, 6,2 % des adolescents vapotent quotidiennement et 56,9 % ont déjà essayé (OFDT/ESCAPAD), tandis que selon l’Eurobaromètre, 36,5 % des jeunes vapoteurs utilisent un modèle jetable (puff). Ces chiffres mettent en lumière la progression de la vape parmi les jeunes adultes, tout comme l’intérêt croissant pour les procédures esthétiques non chirurgicales, notamment pour les injections dans les lèvres.
Pourquoi éviter de fumer avant et après vos injections esthétiques ?
Avant toute injection d’acide hyaluronique ou de toxine botulique, il est conseillé de s’abstenir de fumer pendant au moins 48 heures. Cela permet non seulement de préserver le résultat, mais aussi de réduire les risques :
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De contusions et d’œdèmes
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De cicatrisation inadéquate
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D’inflammations
En effet, la fumée de cigarette accentue ce risque en diminuant l’apport d’oxygène et de nutriments aux tissus, ce qui ralentit la cicatrisation et peut affecter et réduire la durée des résultats, surtout pour l’acide hyaluronique. Mais qu’en est-il de la cigarette électronique ?
La cigarette électronique a-t-elle le même impact ?
Bien qu’à première vue, la cigarette électronique ou une puff semblent moins nuisibles, en particulier avant des injections, sachez que la nicotine est un élément commun aux deux types de produits, et peut influencer les résultats de vos injections.
Cigarette électronique : Ce qu’il faut retenir avant et après des injections
Selon le ministère de la santé britannique, la vapeur d’une cigarette électronique est 95 % moins dangereuse que le tabagisme. En effet, elle ne contient pas les milliers de substances chimiques présentes dans une cigarette classique, comme le monoxyde de carbone et les goudrons, même si la nicotine est présente tant dans le tabac que dans les e-liquides pour cigarettes électroniques.
Cette dernière a un effet vasoconstricteur. Autrement dit, la nicotine rétrécit les vaisseaux sanguins, réduisant ainsi le flux sanguin, mais également l’apport nutritionnel nécessaire pour une bonne cicatrisation. Bien qu’il existe peu de recherches sur les effets de la cigarette électronique avant ou après des injections, ses conséquences sont suffisantes pour être considérées comme un facteur de risque. Bien entendu, dans une mesure moins importante comparée au tabac, qui est souvent utilisé comme une alternative pour ceux qui cherchent à arrêter de fumer.
Pourquoi est-il conseillé de réduire l’utilisation de la cigarette électronique avant et après les injections ?
Les répercussions ne sont pas très différentes de celles liées à une cigarette, même si les risques de complications sont moins élevés. Vapoter peut :
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Augmenter légèrement le risque d’ecchymoses ou d’œdèmes après l’injection
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Ralentir la microcirculation et la cicatrisation, ce qui peut retarder la guérison
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Réduire la durée des résultats si la zone traitée est mal oxygénée.
Il est donc recommandé d’arrêter ou de limiter au maximum le vapotage 24 à 48 heures avant et après les injections, tout comme pour le tabac. Ce temps de pause favorise la circulation sanguine locale et diminue les risques d’effets indésirables. De plus, le geste associé à l’utilisation d’une cigarette électronique peut modifier le résultat, notamment dans le cas d’injections dans les lèvres ou au niveau des sillons nasogéniens.
Enfin, il est essentiel de consulter uniquement des médecins et non des esthéticiens pour ce type de procédure. Seuls les professionnels de santé sont en mesure d’évaluer votre situation personnelle (quantité de nicotine, éventuelles pathologies, traitements en cours) et d’adapter leurs recommandations avant et après l’acte esthétique.
Pour conclure
L’augmentation des injections d’acide hyaluronique chez les jeunes femmes témoigne d’un changement significatif des standards de beauté. Cette pratique, autrefois réservée à un public plus âgé, s’inscrit dans une tendance plus large, à l’instar du vapotage qui devient de plus en plus courant parmi les 18-24 ans.
Dans ce cadre, il est donc conseillé d’adopter une approche préventive en réduisant ou en cessant d’utiliser une cigarette électronique avant et après les injections. Cela favorisera une cicatrisation optimale et garantira un meilleur résultat, tout en limitant les effets indésirables. Il est également fortement recommandé d’en discuter directement avec un médecin esthétique afin d’obtenir un suivi et des conseils personnalisés et sécurisés.
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Arthur est un journaliste scientifique avec une approche pédagogique. Spécialisé dans les questions de santé liées à la vape, il aime démystifier les idées reçues et fournir des informations basées sur des études sérieuses.