Actualités

Camille Bordelon

Allemagne : 40 % des produits de la vape issus du marché noir, un fléau grandissant !

En 2021, un flacon d’e-liquide coûtait 5,90 €, tandis qu’en 2026, son prix atteindra 9,45 €. En Allemagne, la forte taxation sur les produits de vapotage a ouvert la voie à un marché noir. En conséquence, jusqu’à 40 % des vapes consommées dans le pays proviendraient désormais de canaux illégaux.

Une imposition qui favorise le trafic

L’Allemagne est-elle sur le point d’assister à une montée en flèche du marché noir des produits de vapotage ? C’est en tout cas ce que redoute Jan Mücke, le président de la BTVE, l’association allemande qui représente l’industrie du tabac et des nouveaux produits. « Actuellement, jusqu’à 40 % des vapes utilisées ici proviennent de sources illégitimes, et cette tendance est en hausse », déclare-t-il au quotidien économique Handelsblatt, tout en mettant en garde contre une éventuelle interdiction du menthol et d’autres arômes dans les e-liquides, projetée par le gouvernement fédéral, qui pourrait faire grimper ce chiffre à 80 % d’ici 2030.

Alors qu’aux États-Unis, c’est principalement la multitude de restrictions sur les produits qui a poussé les consommateurs vers le marché noir, en Allemagne, c’est surtout la fiscalité qui pose problème. Après avoir instauré une taxe de 16 centimes par millilitre sur les e-liquides en 2022, elle atteindra 32 centimes par millilitre en 2026. Par conséquent, un flacon d’e-liquide de 10 ml, qui coûtait 5,90 € en 2021, est désormais proposé à 9,45 €, ce qui représente une augmentation de plus de 60 %.

Lire aussi  Article 23 : Députés votent pour supprimer, mais sauvent temporairement la vape française

D’après plusieurs études réalisées par des instituts pour la BVTE, un magasin de vapotage sur six en Allemagne proposerait actuellement des produits illégaux. À Hambourg et à Berlin, environ 13 % des vapoteuses retrouvées étaient de provenance illégale. À Brême, ce chiffre atteint même 40 %. Ces statistiques sont en accord avec les résultats d’une récente étude menée par l’institut Fraunhofer ILS, qui estime que le marché noir des produits de vapotage représente désormais un peu plus de 30 % du marché. « Si l’on inclut le marché gris – c’est-à-dire les importations privées d’autres pays où les produits ne sont ni autorisés ni taxés en Allemagne – le marché irrégulier atteint 36 % et la moyenne au sein de l’UE peut grimper jusqu’à 48 %. » Bien que ces chiffres proviennent d’études commandées par l’industrie ou des entités privées et ne soient pas tous publiquement accessibles, leur concordance suggère une ampleur significative du phénomène.

Des douanes qui admettent leur impuissance

Pour Rico Back, du cabinet de conseil SKR, les responsables de cette situation sont faciles à identifier : l’internet et la Chine. Environ 90 % des produits illégaux en Allemagne proviennent de ce pays, et seules des actions directes de Pékin pourraient potentiellement freiner ce fléau. Thomas Liebel, président de l’Union douanière allemande, partage ce constat et exprime son désarroi : « Nous devons pratiquement nous rendre face à la surabondance de produits illégaux de tabac et de nicotine. » Comme tous les services de douane dans le monde, il appelle à des ressources supplémentaires.

Lire aussi  OMS: Triplez les taxes sur le tabac pour sauver des vies!

Pour couronner le tout, même lorsqu’elles parviennent à réaliser d’importantes saisies, les douanes ne sortent pas gagnantes. Pire encore, elles subissent des pertes. Rico Back évoque un incident survenu en Bavière en 2025, où la douane a saisi 69 palettes contenant chacune 12 500 vapoteuses illégales, soit près d’un million de produits au total.

Pour entreposer cette marchandise en attendant de la détruire, les autorités douanières ont dû louer un bunker, coûtant au contribuable allemand la somme de 750 000 euros. Lorsque la justice s’est tournée contre le propriétaire des palettes, il s’est avéré que c’était une société-écran, dont les deux associés étaient basés en Chine. Inattaquables, donc.

Étant donné qu’une coopération avec Pékin semble peu probable, la Chine n’ayant aucun intérêt à restreindre une industrie d’exportation lucrative, le véritable défi réside désormais au niveau européen : il s’agit de renforcer les contrôles douaniers tout en évitant d’étouffer le marché légal par une réglementation excessive. Selon le Parlement européen, 4,19 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 € sont arrivés de Chine dans l’Union européenne rien qu’en 2024. Ce chiffre représente 133 colis chaque seconde, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Les dernières nouvelles sur la cigarette électronique

Articles similaires

Notez cet article
Partagez cet article :

Laisser un commentaire