La récente initiative de l’Union européenne visant à réglementer la fiscalité des produits du tabac et du vapotage suscite de vives réactions. Plusieurs pays membres, y compris le Portugal, critiquent une mesure perçue comme peu efficace pour la santé publique et préjudiciable à leur économie.
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Une coalition de résistance se dessine en Europe
Le 16 juillet, la Commission européenne a dévoilé une directive destinée à « ajuster la taxation des produits du tabac et assimilés aux ambitions de santé publique, tout en tenant compte des évolutions récentes du marché. » Elle suggère ainsi de mettre en place un nouvel impôt sur tous les produits de tabac et de vapotage. La Commission cible en particulier les e-liquides pour cigarettes électroniques, proposant une taxe de 12 centimes par millilitre pour les liquides avec moins de 15mg/mL de nicotine, et de 36 centimes par millilitre pour ceux en contenant plus.
Un autre point de discorde concerne le destinataire des recettes de cette taxe, la Commission voulant les affecter au budget de l’Union européenne pour aider à combler ses besoins financiers dans un contexte difficile (augmentation des dépenses de défense, changements dans la politique économique américaine, etc.).
Peu après cette annonce, la Suède manifestait son opposition par la voix de sa ministre des Finances, Elisabeth Svantesson. Elle exprimait sur X (anciennement Twitter) que « les recettes fiscales devraient profiter à la Suède plutôt qu’à la bureaucratie européenne », ajoutant que chaque État membre devrait taxer les produits nicotinés « selon leur dangerosité relative. »
Le Portugal rejoint cette position, comme l’indique un communiqué du gouvernement soulignant « de sérieuses préoccupations quant aux implications de cette proposition de la Commission européenne. »
Le communiqué précise que « les taxes étant un outil de dissuasion, nous estimons que les alternatives moins nocives devraient être moins taxées pour encourager les fumeurs à s’y convertir. » Lisbonne est aussi réticente à l’idée d’imposer une nouvelle taxe sur les produits du tabac, « ce qui conduirait à une hausse des prix et favoriserait le marché noir (…). »
L’idée de reverser une partie des recettes de cette taxe à l’UE est également mal accueillie, le gouvernement portugais notant que la proposition pourrait entraîner une baisse des recettes fiscales nationales pouvant aller jusqu’à 1,5 milliard d’euros, une situation « inacceptable dans le contexte actuel. »
La Suède, la Grèce, la Roumanie, et l’Italie, avec le Portugal, forment ainsi le cinquième pays à s’opposer à la directive, une résistance qui bloque pour l’instant son adoption.
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