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Camille Bordelon

France : La vape française, un trésor d’indépendance ignoré par Contre-Feu !

Paquet standardisé, interdiction de la vente en ligne, régulation des arômes : l’association Contre-Feu demande de nouvelles restrictions concernant la vape en s’appuyant sur des données financières, bien que celles-ci ne concernent que l’industrie du tabac.

Un marché de la nicotine présenté comme une menace homogène

L’association anti-tabac Contre-Feu (anciennement connue sous le nom d’Alliance Contre le Tabac) a publié le 14 avril 2026 un nouvel article concernant la cigarette électronique. Intitulé « Cigarette électronique : la nouvelle machine à profit des industriels », cet article représente une nouvelle occasion de demander aux autorités d’imposer diverses mesures restrictives pour les produits de vapotage. Contre-Feu exige ainsi l’instauration d’un paquet standardisé pour tous les produits de la vape, une régulation stricte des noms d’arômes, ainsi que l’interdiction de la vente en ligne.

« Bien que la cigarette électronique puisse être utile pour aider au sevrage lorsqu’elle est utilisée par des adultes fumeurs et encadrée par des professionnels de santé, il ne faut pas se laisser berner par le discours commercial des industriels : contrairement à leur slogan sur un “monde sans fumée”, leur véritable objectif est d’attirer de nouvelles personnes dans la dépendance, plutôt que de les en libérer. », écrit l’association, qui semble clairement viser l’industrie du tabac. Elle souligne d’ailleurs que le cigarettier Philip Morris « multiplie les opérations de street marketing pour attirer les jeunes » et « organise des distributions gratuites de sa cigarette électronique Veev dans des bars fréquentés par des étudiants dans les grandes villes françaises. »

Bien que certaines marques françaises de vapotage, indépendantes de l’industrie du tabac, ainsi que deux fabricants chinois soient également critiqués pour leurs stratégies marketing, l’article de Contre-Feu met surtout en avant l’argument économique : « Entre 2018 et 2025, 18,7 milliards d’euros ont été prêtés par des banques ou levés sur les marchés financiers pour soutenir le marché de la nicotine en Europe. À cela s’ajoutent 27,9 milliards d’euros investis en actions et obligations par des institutions financières durant cette même période. Des montants considérables qui sont pour environ 90 % captés par les deux géants du tabac, British American Tobacco et Philip Morris International. », souligne l’association.

Lire aussi  Amendements à l’article 23 du PLF 2026 : l’avenir de la vape française menacé !

Il est indéniable que les fabricants de cigarettes se tournent aujourd’hui vers des produits alternatifs aux cigarettes traditionnelles dans le but de maintenir leur chiffre d’affaires, mais la France est un contre-exemple flagrant à cet égard : selon Xerfi (décembre 2023), 85 % du marché français du vapotage est contrôlé par des acteurs totalement indépendants de l’industrie du tabac. Une réalité que Contre-Feu semble ignorer.

Il est également important de noter que, selon le rapport Profundo commandé par l’association, les investissements des cigarettiers dans le secteur des produits sans combustion seraient en déclin constant depuis 2022. Ce contexte soulève des questions sur la pertinence des mesures proposées, qui pénaliseraient avant tout les acteurs indépendants du marché, qui sont majoritaires en France.

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