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Camille Bordelon

Nouveau symptôme de la vape : la paranoïa s’installe chez les utilisateurs !

L’inquiétude grandit : des observations empiriques signalent une hausse significative de la paranoïa associée à certains produits de la vape. Ou peut-être que ce n’est pas de la paranoïa, et dans ce cas… il ne peut s’agir que d’un article du vendredi.

Une oreille attentive

Ce n’est pas une étude à proprement parler, ni même une simple observation empirique, mais cela provient de personnes bien habillées, en costume-cravate : la vape engendrerait des comportements paranoïaques.

Non, ce n’est pas exactement ce qu’ils affirment, mais c’est ce que vous pourriez penser en les écoutant. Et pourtant, rappelons-le, ce ne sont pas des farceurs : Steve Daines, Thom Tillis, Tom Cotton, Katie Britt, Eric Schmitt, Lindsey Graham, et neuf autres, tout de même. Qui sont ces individus ? Des sénateurs et sénatrices américains.

Et ces derniers ont alerté l’administration sur un problème potentiel. Vous aurez remarqué que je tourne autour du pot depuis le début, car je suis un peu gêné : comment vous faire comprendre la situation sans que vous ne soyez tenté de dire : « NON ! NON ! Un article du vendredi, je veux bien, mais là ils vont trop loin ! C’est absurde ! Et où est Maîtresse Sévère, d’ailleurs ? ».

Et pourtant, oui. Des sénateurs américains s’inquiètent de la possibilité que la Chine utilise des vapoteuses pour espionner les États-Unis. Plus précisément, ils parlent de « smart vapes », qui pourraient se connecter aux ordinateurs, téléphones et, en gros, à tout appareil capable d’émettre et de recevoir des ondes, afin d’espionner des militaires vapoteurs, des fonctionnaires vapoteurs, des élus vapoteurs, et même des espions vapoteurs.

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Ce sujet semble tant préoccuper les Américains que les Britanniques s’y intéressent également.

Make America great Britain again

Car les Britanniques sont prudents. Ils redoutent surtout qu’un étranger ne leur vole la recette du bœuf à la menthe. Ou les plans de leurs armes nucléaires, je confonds toujours. Dans les deux cas, tant qu’ils ne nous forcent pas à y goûter, cela ne pose pas de problème.

Ils partagent également avec les Américains la théorie selon laquelle il pourrait exister une chance que les Chinois cachent dans leur vape intelligente une puce destinée à se connecter aux appareils environnants, aux téléphones et ordinateurs, pour en extraire des informations et les transmettre directement au Parti communiste chinois.

Et ils savent, eux, qu’il n’est pas impossible que le PCC essaie de les espionner, car ils passent eux-mêmes leur temps à surveiller le monde entier.

Il y avait eu une affaire, il y a quelques années, lorsqu’un fonctionnaire français s’était amusé à compter les étages de l’ambassade américaine : il y en avait trois. Sauf que, selon les documents officiels, il n’y en avait que deux. Le troisième étage était en réalité un trompe-l’œil destiné à dissimuler du matériel d’écoute, dont une antenne pointée directement sur l’Élysée.

Le gouvernement français avait protesté avec vigueur. Le gouvernement américain avait présenté des excuses. Le gouvernement français avait déclaré que cela suffirait pour cette fois, mais que cela ne devait pas se reproduire. Le gouvernement américain avait promis, juré. Trente ans plus tard, l’ambassade américaine à Paris a toujours trois étages.

Pékin est particulièrement avide d’informations ces derniers temps. Car la Chine n’a jamais abandonné l’idée d’envahir Taïwan. Enfin, de leur point de vue, de récupérer Taïwan. Les Chinois sont obsédés par cette île. C’est un peu leur Groenland à eux.

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Ainsi, ils souhaitent savoir ce que les autres en pensent, et surtout ce qu’ils comptent faire. Tout cela pourrait mal tourner, et il se pourrait même que l’on assiste à des mesures extrêmes : certains redoutent un télégramme de mécontentement, voire même une résolution désapprobatrice à l’ONU. Espérons que nous n’en arriverons pas là.

Toutefois, les sénateurs américains vont plus loin : ils estiment que l’argent généré par le marché de la vape chinoise pourrait être détourné par le gouvernement pour financer l’achat d’armes. Ce qui serait particulièrement habile : vendre à ses ennemis les outils permettant de les espionner, et utiliser les bénéfices pour acquérir des moyens de les contrer.

Même Sun Tzu n’aurait pas pensé à cela. D’accord, la vape n’existait pas à son époque, lorsqu’il a écrit « L’Art de la guerre ». Peut-être qu’il l’aurait envisagée. Il ne sera jamais assez dit à quel point Sun Tzu était un génie.

Comment les Chinois s’y prendraient-ils ? En utilisant l’argent, car les sénateurs américains nous rappellent que les Chinois sont communistes.

Officiellement communistes, en tout cas. Parce que j’ai lu « Le Capital » il y a longtemps, et depuis, je ne sais pas si c’est moi ou si c’est Mao, mais une chose est certaine : l’un d’eux n’a pas compris ce que Marx voulait dire.

L’intelligence pour les idiots

Je vais m’abstenir de commenter la possibilité que cet espionnage soit réel ou non. Une vape qui se connecterait à un ordinateur dans un bureau du Pentagone pour transmettre ensuite des informations à Pékin semble cependant un peu exagéré, mais c’est surtout parce qu’après six mois de tentatives infructueuses, j’ai abandonné l’idée de connecter mon PC à ma télévision en Wi-Fi alors que les deux se trouvent dans la même pièce.

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Ainsi, je suis allé demander à l’équipe en charge des tests sur le Vaping Post si elle avait déjà évalué des smart vapes. Ils m’ont répondu par l’affirmative, en me montrant une sorte de gros pod avec un écran sur lequel on pouvait jouer à un jeu, comme Snake ou un casse-brique, quelque chose du genre.

Je leur ai demandé si, avec ce pod, je pourrais envahir Taïwan, et depuis, ils m’évitent soigneusement. Fin des investigations, je suppose.

C’est bien connu : les espions sont subtils, et ils ne pensent pas comme nous pour toujours avoir un coup d’avance. Cependant, en y réfléchissant bien, je me demande pourquoi les Chinois iraient se donner tant de mal à fabriquer des vapoteuses, dans l’espoir qu’elles soient achetées précisément par un haut fonctionnaire américain, afin de pouvoir espionner du matériel informatique dont ils ont déjà fabriqué la plupart des composants. Ne serait-il pas plus simple d’installer les dispositifs d’espionnage directement à la source ?

On peine à imaginer, même sans toutes ces considérations militaires, un dispositif suffisamment intelligent pour être intrusif. Bref, je dois conclure cet article, mon POD vient de me rappeler que cela fait trois jours que je n’ai pas fait la vaisselle et qu’il est temps de s’y mettre.

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