Le 4 juin 2026, le sujet de la taxation des produits de vapotage a été débattu sur LCP, avec des échanges parfois animés entre le député Charles de Courson, la socialiste Anna Pic et la tabacologue Marion Adler. Face à un élu qui soutenait une taxe « pour des raisons de santé publique » mais qui semblait peu conscient des données scientifiques modernes, les deux femmes ont vigoureusement défendu l’importance de la vape dans la lutte contre le tabagisme, tout en mettant en garde contre le risque de nuire à un marché français largement indépendant des grandes entreprises de tabac.
Sommaire
Un échange dynamique entre trois participants
Le 4 juin 2026, sur la chaîne de l’Assemblée nationale française, LCP, la question de la taxation des produits de vapotage a été soulevée. En juillet 2025, la Commission européenne a adopté une directive imposant une taxation minimale des produits de vape, variant de 20 à 40 % du prix de vente au détail. Le Parlement européen doit se prononcer sur ce sujet le 17 juin 2026. Cela a permis à LCP de lancer un débat en présence de plusieurs invités, dont les députés Charles de Courson (Liot), Anna Pic (Parti socialiste) et la médecin tabacologue Marion Adler.
Charles de Courson a ouvert le débat en déclarant être en faveur de la taxation du vapotage « pour des raisons de santé publique ». Il a mentionné que la nocivité du vapotage dépendait de « la composition de la recharge », qui peut être « plus ou moins nocive ». Pour réduire cette nocivité, il propose une taxation « en fonction du taux de nicotine et d’interdire au-delà d’un seuil de 15 mg ». Ces propos ont suscité la réaction immédiate de Marion Adler, qui a secoué la tête, visiblement frustrée par ses déclarations. Une réaction qui n’est pas passée inaperçue aux yeux d’Adeline François, la présentatrice de l’émission, qui a déclaré qu’elle se devait de « faire réagir » la tabacologue, car « certains propos de Charles de Courson l’ont mise en colère. »
La vape comme outil pour arrêter de fumer
Il est indéniable que l’experte est bien informée sur le sujet. Elle a rappelé qu’elle est en contact avec le public et les personnes touchées par « la maladie chronique qu’est le tabagisme », affirmant que la vape représente aujourd’hui, « souvent, une aide cruciale. » Marion Adler a également évoqué les dernières recherches de Cochrane, qui montrent que le vapotage est plus efficace que les substituts nicotiniques habituels pour arrêter de fumer. De plus, elle a rappelé à Charles de Courson qu’il ne comprend pas que « la nicotine est précisément l’élément qui aide le plus à arrêter de fumer. […] Ce qui est toxique, c’est la fumée. Ce qui est addictif, c’est la nicotine. »
Le rapport de l’Anses sur les risques liés au vapotage a également été mentionné. Charles de Courson semble avoir mal compris le contenu de ce rapport, communément interprété par les médias et le grand public. Il a ainsi affirmé que l’agence française considère le vapotage comme « nuisible pour la santé », ce qui a de nouveau provoqué la réaction de Marion Adler et de la députée Anna Pic, qui ont précisé que « l’Anses ne dit pas cela. » La tabacologue a souligné que le rapport fait état de risques « possibles, c’est-à-dire ni prouvés ni confirmés. » Elle a en outre noté qu’en quinze ans d’utilisation de la vape, aucun des risques mentionnés par l’Anses ne s’est concrétisé. « Si vous imposez une taxe sur la vape, vous renforcez l’industrie du tabac. C’est peut-être ce que vous souhaitez, je ne sais pas. », a-t-elle alors affirmé au député.
Anna Pic a rapidement pris la parole pour soutenir les propos du docteur Adler, notamment en ce qui concerne l’exception française dans le secteur du vapotage : en effet, 85 % de ce marché est dominé par des acteurs totalement indépendants de l’industrie du tabac. Elle a ajouté que cette indépendance a été perdue dans d’autres pays « dès qu’ils ont assimilé les produits tabagiques avec les produits contenant de la nicotine. » Elle a rappelé qu’il y a dix ans, 25 % des Français affirmaient fumer, un chiffre qui est aujourd’hui de 18 %, ajoutant que « cette baisse significative est liée à l’émergence de la vape. »
Un autre participant a soulevé la question des jeunes, notant que certains d’entre eux « commencent » à vapoter en pensant « qu’il n’y a aucun risque. » Marion Adler a rétorqué que « pour chaque jeune qui commence à vapoter, il y a quatre jeunes qui arrêtent de fumer, » soulignant que la vape est un concurrent [du tabagisme] chez les jeunes. »
Concernant l’usage des cigarettes électroniques par les mineurs, il est important de noter une observation faite à plusieurs reprises par la médecin et la députée socialiste : le marketing ciblant les mineurs serait principalement l’œuvre de l’industrie du tabac, et non des fabricants indépendants. Cette affirmation mérite d’être nuancée car de nombreuses marques ou distributeurs indépendants de Big Tobacco proposent effectivement des produits aux couleurs vives, s’adressant à un public jeune. Les formats de vapes « smart » régulés à des taux de 20 mg/ml en sels de nicotine contribuent également à rendre le vapotage plus attractif pour les jeunes, et ne proviennent pas de l’industrie du tabac.
Ces nombreuses interventions ont provoqué des réactions chez Charles de Courson, dont la pensée est devenue plus claire au fur et à mesure du débat. Pour le député, la vape n’étant pas inoffensive pour la santé, et étant donné qu’il existe « une très petite minorité de personnes qui commencent à vapoter sans jamais avoir fumé, et qui finissent par fumer, » il est donc nécessaire d’instaurer une taxation. Autrement dit, il serait légitime de pénaliser la majorité à cause de quelques individus qui abusent de la cigarette électronique.
Il convient également de mentionner une brève remarque de la députée Anna Pic : « Peut-être qu’il arrivera un jour où nous ne vendrons plus de produits du tabac, et dans ce cas, il faudra réfléchir à la manière d’éviter que les gens ne deviennent accros à la vapoteuse. » Cette phrase fait écho aux nombreuses interdictions de vente de tabac mises en place dans le monde ces derniers mois, soulignant que le sujet est déjà présent dans l’esprit de certains députés français.
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Camille est une passionnée de tendances technologiques et d’actualité. Elle adore décrypter les évolutions de la vape pour les rendre accessibles à tous. Son objectif ? Vous tenir informé des moindres changements qui impactent l’univers de la vape.